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Quel impact aura cette crise sanitaire et économique sur votre patrimoine ?

Point marchés et opportunités


Cette pandémie est l’amorçage d’une crise économique certaine. En effet, si 2008 était une crise de liquidité, 2011, une crise de volatilité, et 2016, une crise de convexité, 2020 est le produit de ces trois précédents chocs. Nous devons désormais faire face à un marché devenu hyper-réactif, qui accélère brusquement à la hausse comme à la baisse. Cette extrême convexité peut être difficile à appréhender et appelle à la prudence. Stade actuel de la crise : Après trois semaines marquées par les annonces massives et parfois spectaculaires des banques centrales et des gouvernements pour endiguer la crise, les marchés sont revenus aux fondamentaux, à savoir l'évolution de la pandémie et ses premières conséquences économiques. La volatilité régresse, ce qui est de bon augure. Les signes de ralentissement de la pandémie rassurent les investisseurs et les cours boursiers remontent, soutenus par un accord attendu des principaux producteurs de pétrole pour une baisse de la production. Si un certain soulagement permet pour l'instant aux marchés de rebondir, l'incertitude de la situation, aussi bien sanitaire qu'économique, nous incite à rester sur nos gardes. Au cours des prochaines semaines, les premières publications trimestrielles des résultats des entreprises devraient permettre d'avoir une idée plus précise des impacts déjà visibles, mais surtout de ceux à venir. Les mesures de confinement et d’arrêt d’activités pour lutter contre la propagation du virus, en Europe et aux Etats-Unis, pèsent sur les dépenses de consommation et l’activité des entreprises. Nous assistons de ce fait à la  concomitance d’un choc d’offre et de demande. Plus aucun doute, nous sommes entrés en récession. Face à cette réalité, les économistes ont drastiquement revu leurs prévisions de croissance mondiale. Elles restent très aléatoires,  en raison de l’incertitude sur l’évolution de l’épidémie et sur la durée du confinement ainsi que de la forte volatilité sur les marchés : la contraction de la croissance au niveau mondial est déjà anticipée entre 2 % et 4 % sur 2020. D'autre part, les chaînes de production ne pourront pas repartir immédiatement. Pour accélérer les choses, il faudra que l’Etat ne se désengage que de façon très progressive de l’activité économique et surtout qu’il prévoie dès aujourd’hui des plans d’investissement. A quoi peut-on s'attendre? : La question est donc celle de la durée du confinement, mais aussi de la stratégie de sortie de cette période (arrêt immédiat ou progressif du confinement, risque de deuxième vague de contamination…). Plus le confinement se prolonge, plus le coût économique s’accroît. La récession est inévitable, et est induite par les décisions de traiter la crise sanitaire par le confinement. Mais une autre question se pose : celle de la vigueur du rebond une fois l’épidémie contrôlée. Les économistes semblent désormais avoir abandonné l’idée d’une reprise forte et rapide. Exit donc le scénario en V, aujourd’hui on cite pudiquement un scénario en U avec une base très allongée… Impacts sur vos investissements Marchés actions Les marchés financiers sortiront probablement de la crise avant l’économie réelle (le bien connu dilemme entre Wall Street et Main Street…), mais la volatilité des marchés est loin d’être terminée. Les problématiques sur l’arrêt des rachats d’actions, en particulier sur le marché américain,  et sur la distribution de dividendes pourront impacter sur les flux et porter à des révisions des valorisations des entreprises de la part des analystes financiers. Il faudra par ailleurs prêter attention aux problématiques de liquidité des supports d’investissement. Nos recommandations : Nous nous attendons à une deuxième vague baissière, et nous recommandons de ne pas céder à l'appel de la sirène. Si vous souhaitez malgré tout anticiper un rebond des marchés dès maintenant nous vous encourageons à le faire par versement progressif sur du long terme et sur un pourcentage de vos actifs correspondant à votre profil d'investisseur. Sur les "Large Caps" (Grosse capitalisations) en priorité car structurellement plus à même de résister à la crise, et sur des fonds indiciels. Vous pouvez également diversifier votre allocation avec des thématiques de type environementales, sociétales et technologiques à forte demande. Les produits structurés peuvent-être une alternative en vous permettant de rentrer sur des points bas tout en bénéficiant d'une barrière de garantie à la baisse au terme du contrat et de percevoir des coupons soit chaque année soit en cas de sortie du produit. Une attention particulière est à porter sur l'émetteur de ces produits car la garantie ne vous préserve pas du défaut de l'émetteur. Marchés de taux (obligataires) Les annonces de la Réserve fédérale aux Etats-Unis et de la Banque Centrale Européenne en zone euro ont permis de réduire la volatilité sur le marché des taux. Mais attention, les mesures annoncées par les gouvernements pour soutenir l'économie vont creuser les déficits et augmenter les dettes. Les taux étant déjà extrèment bas, est-il possible d'aller chercher de la performance et de se prémunir d'un risque de défaut? Nos recommandations: Délaisser les obligations "High Yield" pour se prémunir du risque de défaut de leurs émetteurs moins bien notés. Si vous avez une appétance pour les obligations, nous vous recommandons de privilégier, avec prudence, les obligations moyen/long terme et d'éviter les obligations courts termes. Fonds Euro Le fonds Euro a été fortement décrié ces dernières années avec des rendements de plus en plus faibles. Neanmoins, il constitue l'actif le plus sûr en cas de crise avec la protection du capital et de ses intérêts capitalisés. Le fonds Euro reste la valeur refuge en cas de crise. Métaux précieux Dans le contexte actuel très anxiogène et alors que les actions subissent une forte correction, certains investisseurs cherchent à protéger leur épargne en ayant recours aux actifs dits « refuges ». La performance de l’or peut paraître décevante, le précieux métal affichant une performance négative depuis le début de l’année. Il en est de même pour l’argent et les platinoïdes, qui ont fortement corrigé. Ceci est lié aux éléments techniques (hausse des déposits par la Chambre de compensation, vente des positions satellites pour financer les appels de marge sur les positions actions perdantes), mais aussi aux liquidations par les investisseurs exposés aux matières premières au travers d’indices. Les dernières publications des positions ouvertes sur le marché US font apparaître que, pour le moment, les liquidations de positions sur l’or sont pour l’instant limitées. La pression baissière sur l’or pourrait donc durer encore un peu. Nos recommandations : Une nouvelle baisse des taux serait le meilleur support des cours de l’or et un signal pour investir. D’ailleurs, Goldman Sachs, Citi et Deutsche Bank ont revu à la hausse leurs objectifs sur le métal jaune (1800 $ à 3 mois pour Goldman, 2000 $ pour les 2 autres). Un objectif de 2000 $ l’once d'or à un horizon de 18 à 24 mois est envisageable, celui-ci pouvant même selon nous être atteint avant si les actions des gouvernements et des banques centrales s’intensifiaient. SCPI/SCI Aujourd'hui, chaque SCPI a un mode de fonctionnement different des autres; Il faudra donc attacher une attention particulière aux differents critères qui la composent: Niveau d'endettement, liquidité, taux d'occupation et qualité des locataires, report de plus-value et stratégie d'accompagnement des entreprises dans le report des loyers. Il faudra egalement regarder les études effectuées sur la validation de la valorisation des actifs pour s'assurer que la part de l'actif n'est pas sur-évaluée. Notre recommandation : Clairement, ce n'est pas le moment d'investir dans ces actifs. Même si les grands acteurs de ces vecteurs d'investissement immobilier ont structurellement des bases solides et un fonctionnement qui leurs permettra de limiter la volatilité et d'encaisser les pertes de revenus locatifs, pour investir, il faudra attendre que les SCPI aient digéré le report de paiement des loyers proposés par l'état et les difficultés de paiement de loyers pour certains locataires. Une SCI (UC) se compose généralement d'actifs immobiliers principalement investis sur Paris et sa couronne, et de liquidité soit disponible, soit placer sur des comptes à terme ou des OPCVM monétaire (afin d'être en capacité de satisfaire les demandes de remboursements). À la difference d'une SCPI, une SCI en UC est plus liquide et généralement plus diversifiée à travers des typologies d'actifs immobiliers tel que des fonciéres cotées, de l'immobilier direct (des bureaux, du résidentiel, du médical et du commerce) et d'une faible part de SCPI. À la différence de la crise de 2008, les taux d'intérêt étant déjà relativement bas depuis quelques années, le marché immobilier présente une prime de risque déjà évaluer et prise en compte dans la valorisation de ces actifs. Ce mécanisme montre bien qu'aucune sur-évaluation des prix de l'immobilier n'est présente (les valeurs ne sont pas artificielles). De plus, Le taux de vacance sur Paris et sa proche banlieue n'est que de 2,5%. Or ce marché devrait d'avantage se compressé car les chantiers de nouveaux projets sont à l'arrêt. Il ne devrait donc n'y avoir que peu de répércussion sur ce marché, généralement au coeur des investissements réalisés au sein des SCI, où la demande restera trés forte. Nos recommandations: La SCI représente un risque minime dans la mesure où sa volatilité oscille autour de 1% liée à la part que représente les foncieres cotées au sein du fonds. À ce jour, la plupart des SCI présentent en contrat d'assurance-vie seront en mesure d'afficher une performance positive même si la valeur de ces foncières s'effondrait à zéro. Ce placement est donc rassurant pour ceux en disposant déja, et sera un investissement judicieux post-confinement. QUESTIONNEMENT SUR LE FUTUR - Augmentation potentielle du télé-travail, donc moins de demande dans l'immobilier de bureau. Malgré la demande croissante des salariés pour effectuer au moins une journée par semaine en télé-travail, il n'est pas sur que beaucoup d'entreprises accepte la prise de risque de diminuer le contrôle qu'elles ont sur leurs salariés. Néanmoins, cette évolution est un débat déjà mis en place bien avant cette crise sanitaire. Nous pensons que nous tendrons vers un modèle de travail de type Google (aujourd'hui l'avenir tendrait plutôt vers vivre au travail plutôt que ramener le travail chez soit); Des nouveaux aménagements au sein du lieu de travail amènerait une diminution de 11m2 par poste à 7m2 par poste, comme déjà vu sur certain modèle. Ces évolutions ne viendront donc que peu diminuer la demande en immobilier de bureau. - Vers une augmentation de l'immobilier médical. Comme chaque crise, celle-ci amènera à une remise en cause des usages. La nouvelle préoccupation des français sera donc d'augmenter les capacités sanitaires du pays afin d'être en mesure d'absorber les effets d'une telle crise. Il semble donc évident que nous verrons dans les prochaines années une forte augmentation de la demande d'actifs immobilier dans le domaine de la santé.

Il est bien entendu que ces recommandations reposent sur la situation économique actuelle et sur une perspective de sortie du confinement prochaine. Si la crise sanitaire venait à perdurer, nos préconisations seraient amenées à évoluer. Autant dire qu'il est urgent de ne pas agir précipitamment mais plutôt de construire une nouvelle stratégie d'investissement et d'arbitrage. Pour ce faire, nous vous invitons à nous contacter afin d'étudier les opportunités d'investissements dont vous pourriez bénéficier ou de s'assurer que vos placements sont bien en adéquation avec vos objectifs et votre profil d'investisseur (appétence aux risques).

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